Une femme de conviction née à Ottawa
L’École secondaire catholique Béatrice-Desloges porte fièrement le nom d’une femme remarquable, symbole de courage, de résilience et de défense de la langue française en Ontario. Béatrice Desloges est née à Ottawa en 1895. Elle commence sa carrière d’enseignante dans les communautés de South Indian et de Moose Creek. En 1915, elle revient dans sa paroisse natale où, aux côtés de sa sœur Diane, elle est embauchée à l’école Guigues.
Le Règlement 17 : une crise historique
C’est à cette époque que la communauté francophone est frappée de plein fouet par le Règlement 17, une loi du gouvernement ontarien interdisant l’enseignement du français dans les écoles publiques. Refusant de se soumettre à cette injustice, les sœurs Desloges décident de défier la loi et de continuer à enseigner en français.
En 1915-1916, au plus fort de la crise, elles sont expulsées de l’école Guigues. Leur certificat d’enseignement leur est retiré, et elles font l’objet d’une enquête gouvernementale. Pourtant, elles ne renoncent pas.
Avec le soutien de la communauté, elles poursuivent leur mission éducative dans la clandestinité : d’abord dans le sous-sol de la chapelle Murray, puis dans deux locaux vacants situés au coin des rues Dalhousie et Guigues. Leurs actions courageuses vident l’école Guigues de ses élèves, isolant les enseignantes qui avaient accepté de les remplacer.
Le combat des sœurs Desloges ne passe pas inaperçu. Les médias de l’époque, francophones comme anglophones, relatent leurs exploits. Des manifestations éclatent devant l’école, la chapelle, et même sur la colline parlementaire. C’est dans ce contexte que naît la célèbre « guerre des épingles », durant laquelle des enseignantes et des mères franco-ontariennes, armées de leurs épingles à chapeaux, expriment leur indignation contre cette atteinte à leurs droits.
Béatrice et Diane Desloges deviennent alors les figures emblématiques de la résistance au Règlement 17. Leur courage inspire les Franco-Ontariens, appuyés par des organisations comme l’Association canadienne-française d’éducation (ACFEO), la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Haut clergé et même le pape Benoît XV.
La crise scolaire se résorbe en 1921 et le Règlement devient inopérant en 1927. Il faudra toutefois attendre jusqu’en 1944 pour que le Règlement 17 soit officiellement abrogé. Béatrice Desloges poursuit sa carrière au sein de la Commission des écoles séparées d’Ottawa et continue de défendre la cause francophone jusqu’à son décès en 1957. Pour honorer sa mémoire, un fonds d’archives lui est dédié au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa.
- l’excellence académique;
- l’épanouissement personnel et social;
- le développement des compétences d’employabilité;
- le cheminement et les valeurs catholiques;
- le développement de la culture franco-ontarienne.